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A la mi-juin, il doit faire chaud et sec, car la floraison est imminente. C'est l'événement essentiel de cette période, qui va durer une à deux semaines. En attendant les premières fleurs, nous labourons à nouveau, puis nous griffons la terre pour éviter qu'elle ne se tasse.
Les fleurs vont éclore. Nous guettons le ciel du matin jusqu'au soir : si les pluies sont trop abondantes et le temps trop froid, les fleurs ne féconderont pas ; un accident que nous appelons dans le métier la coulure. Celle-ci occasionnerait le millerandange, c'est-à-dire l'avortement plus ou moins complet des grains de raison, et a fortiori ruinerait de la récolte...
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De fin juin à juillet, nous sommes à peu près 100 jours avant les vendanges. Nous procédons à une nouvelle scarification de la terre. En la balafrant ainsi, nous favorisons la pénétration de l'eau dans le sol. Si le sol draine bien, les racines vont aller puiser leur nourriture à plus d'un mètre de profondeur.
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Fin juillet, le seul vrai danger redouté s'appelle "singularis porcus"... Les sangliers ou porcs solitaires et leurs marcassins, jeunes et pleins de vie ! N'étant pas aussi peureux que leur parents, ce sont eux qui, innocemment, jouent et dévastent tout sur leur passage. Il est temps pour nous de vérifier les clôtures !
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Au mois d'août, la vigne est sur son trente-et-un. Splendide, luxuriante d'un vert magnifique. Nous comptons les grappes pour évaluer le rendement. Un bon viticulteur sait que "trop, c'est trop".
Trop de raisin tue le vin : les arômes s'appauvrissent et le vin perd force et caractère. Donc, si le comptage donne plus de 35 hectolitres à l'hectare, nous effectuons un éclaircissage, dit aussi vendange verte. Cette opération consiste à éliminer certaines grappes pour que celles qui demeurent bénéficient de toute la sève disponible. Ce sont les gens du village qui reviennent pour nous aider à cette tâche, quil connaissent notre désir de respecter le savoir-faire et la tradition.
En fonction des pluies de printemps, le feuillage s'est fait plus ou moins dense. S'il l'est trop, nous décidons de procéder à un effeuillage, pour aider les raisins à mûrir, les sécher et éviter trop de pourriture.
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Les grains, qui, il y a quelque temps, étaient comme de minuscules billes vertes, se gorgent du soleil provençal pour se métamorphoser en belles baies juteuses. L'acidité a fait place au sucre : c'est la véraison. Les fruits extérieurs des grappes ramollissent et changent de couleur.
Alors, lentement, la maturation entame son processus.
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Les marcassins se sont calmé, mais les orages commencent à gronder.Nous gardons nos yeux rivés au ciel et nos oreilles aux aguets, car notre terreur maintenant, c'est la grêle !
Le sol se durcit et se tasse, ce qui facilitera le passage des tracteurs pour la vendange.
On attend. On observe. On laisse faire la nature. Généralement, elle fait très bien les choses...
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